Infos
Twitter:
 

Accueil du site > Articles > Tradition > La Suisse au temps des diligences

La Suisse au temps des diligences

En 1735, les postes bernoises, alors en main de la famille Von Fischer, instaurent entre Berne et Zurich, le premier service régulier de diligences en Suisse. 1960, le dernier représentant de la poste attelée, une voiture à deux chevaux qui, dans les Grisons, reliait Cresta à Cröt (Val d’Avers) – cède sa place à l’automobile postale. C’est donc bien sur une période de 225 années que dura, en Suisse, le temps des diligences.

 


La poste aux chevaux atteint le faîte de sa gloire au XIXe siècle. Certes, ses grandes diligences de 16, 20 places ou plus, hautes sur roues et tirées par six robustes chevaux, qui sillonnaient les routes reliant les villes de Suisse, vont à partir de 1847 perdre du terrain devant la poussée irrésistible du chemin de fer.

Cette poste aux chevaux transportait tout : voyageurs, bagages, marchandises et envoi postaux. A part les lignes de bateaux à vapeur sur les lacs helvétiques, elle était le seul service de transport public avant l’apparition du chemin de fer qui, sitôt établi, trouva d’emblée en elle, une alliée. Il faut également parler des « extra postes », un service que ne pouvaient utiliser, tant ses tarifs étaient exorbitants, que certains voyageurs et non des moindres : souverains et prince accompagnés de leur suite, représentants de la haute bourgeoisie, homme d’Etats, diplomates, qui seuls avaient les moyens de se déplacer avec des véhicules et des attelages retenus spécialement pour eux et selon des horaires à leur convenance.

L’avènement de l’automobile postale en 1906 puis au terme d’une progression rapide et régulière, la victoire finale qu’elle remporta dans les années 20 amena la disparition des diligences. Cependant, les nobles traditions de la poste aux chevaux – sécurité, probité et ponctualité – sont demeurées intactes et se retrouvent dans le service des voyageurs des postes suisses tel que ses habitants le connaissent aujourd’hui.

 







Le service du Train 

Pendant des siècles, l’ensemble du matériel qui accompagne une armée sera confié à des voituriers et à des charretiers. Cette pratique disparaîtra au début du XIX e siècle avec l’apparition du train des équipages voulu notamment par Napoléon 1er Empereur des Français.

En 1914, l’on parle encore du train de ligne ou d’infanterie, du train d’artillerie et du génie, ce qui signifie que l’engagement de ces armes dépend entièrement du cheval dont la présence dans les zones de combats est encore synonyme de liberté d’action. Car seul le cheval, d’un côté comme de l’autre, impose son rythme aux opérations.

Les instructions de l’époque rappellent aux trainglots – qui se jugent fort au-dessus des fantassins- que le cheval est sensible aux caresses et aux friandises, qu’il aime le repos et que la douleur lui est aussi pénible qu’à eux (sic).

En 1939, plus de 60 000 chevaux et mulets sont réquisitionnés pour un service sans lequel les états-majors et les unités ne peuvent ni manœuvrer ni combattre d’une manière durable : le train qui, à cette date, est avant tout hippomobile. Pour apprécier l’importance d’un tel service, il faut parler, non pas de train, mais des trains de combats, de cuisine, de bagages et de munitions.

Aujourd’hui, avec plus de 10 000 chevaux et mulets, le train attelé et bâté est l’auxiliaire apprécié des troupes suisses de montagnes dont il assure l’essentiel du ravitaillement et des évacuations.

 

La régie fédérale



La Régie fédérale des Chevaux de la caserne de Thoune (près de Berne) vouée au train d’artillerie assurera de 1850 à 1939, la remonte de chevaux de tous les officiers supérieurs. Puis, elle deviendra jusqu’à sa suppression en 1950, le premier « fournisseur » de chevaux militaires. Les chevaux destinés à la Régie sont choisis parmi de sujets demi-sang de 4 ans et importés d’Irlande, Hongrie, Italie et Danemark. Sur cette illustration signée Yvan Hugentobler, un officier de la 1ere division attelée de mitrailleuses (1912-1937) avec, sous la selle, un cheval de race Lippizan. Le train de mitrailleurs étant emmené par quatre chevaux de race Franches Montagnes.