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L’ALIMENTATION DU CHEVAL D’ATTELAGE

Comme tous les équidés, le cheval d’attelage est avant tout un herbivore. Pâture, foin, enrubannage sont donc les bases de sa ration, tout au long de l’année. Un complément apportera énergie, protéines, minéraux, vitamines et oligo-éléments, nécessaires pour couvrir les besoins totaux du cheval au travail. L’avis de Yves Tazé, Dr Vétérinaire nutritionniste équin.

 

AM : Comment décrierez-vous le travail du cheval d’attelage ?

Yves TAZE : La traction elle-même, est un effort léger en terrain relativement plat et avec une voiture adaptée. L’effort réel est donc la résultante de la traction, multipliée par la distance et la durée de l’exercice, donc la vitesse demandée. Qu’il s’agisse de randonnées familiales, de longs périples touristiques ou de compétitions, leur facilité et le confort de réalisation pour le cheval résideront dans son entraînement, et dans sa capacité à disposer de sources énergétiques suffisantes et suffisamment mobilisables pour assurer l’effort jusqu’à la fin, et la récupération.

AM : Et ceci est lié à son alimentation ?

Dr YT : En effet, en ce qui concerne les apports énergétiques, on peut répartir les aliments en 3 catégories : 1) L’amidon (céréales) et les sucres (sucre, fruits carottes..) sont assimilés très rapidement au niveau de l’intestin grêle ; ils font monter la glycémie et apportent une énergie très rapidement utilisable, partiellement stockée, dans les muscles (glycogène), 2) Les matières grasses (huiles et oléagineux) également assimilées par l’intestin grêle, fournissent de très fortes quantités d’énergie, par un processus plus lent, qui assure la pérennité de l’apport, 3) Les fibres digestibles (fourrage, son, coques de céréales et de graines oléagineuses, betteraves, …) qui sont dégradées dans le colon et le gros intestin et qui vont fournir de l’énergie, grâce à la fermentation, pendant 24 à 36 heures après un repas, c’est à dire en permanence. L’énergie excédentaire fournie par ces deux dernières catégories est stockée sous formes de graisse.

AM :Comment composer la ration journalière ?

Dr YT : Il faut d’abord assurer l’apport d’énergie à long terme. Comme en endurance, ce sont donc les fourrages qui doivent assurer la plus grosse part de la ration, 4 à 9 kg par jour selon la taille et le poids. Les compléments devront contenir des fibres digestibles (son ,coques de graines, pulpes de betterave….), des matières grasses (huile végétale, graines ou tourteaux d’oléagineux tels que tournesol, soja ou lin, qui apporteront aussi le complément protéique) et de l’amidon et des sucres (grains de céréales, pulpes de betterave ou de fruits ), de façon à répondre à la demande d’énergie rapide. A tout cela il faudra ajouter sel, minéraux, vitamines et oligo-éléments.

AM : Il faut donc avoir beaucoup d’ingrédients et des recettes.

Dr YT : C’est exact. C’est la diversité des matières premières qui fait la qualité de la ration, car en plus de ces grands principes, ,chaque matière première apporte d’autres éléments de façon différente. La manière la plus simple, aujourd’hui est de se procurer des aliments élaborés, soit sous forme d’un aliment unique apportant tout ce que nous avons cité précédemment, soit de deux aliments à structure différente entre énergie rapide et énergie lente, dont les proportions varieront au cours de l’année en fonction des efforts demandés au cheval (repos, entraînement de fond, travail intense, compétition, etc) . Et toujours de l’eau propre à disposition.

L’ATTELAGE : UN MELANGE D’ ENDURANCE ET DE TRAVAIL INTENSE