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Les Globe trotters de l’Attelage (p13)

 Parue le : lundi 22 juillet 2013

Vendredi 12 juillet

Un réveil normal, un peu stressé, mais pas pressé. Après nous avoir annoncé la veille deux boeufs attelés pour transporter l’intendance, changement, ils partent avec un cheval pour essayer d’atteler une charrette dans le village, mais le cheval s’est défendu, a tout cassé, retour au point de départ, ils ont l’air de vouloir que je prenne mon camion pour faire l’intendance, mais je n ’y tiens pas du tout, car il a déjà beaucoup souffert depuis 3 semaines. Ils parlent aussi de bâter 2 chevaux, mais ils n’ont pas le matériel et c’est absolument impossible de tout transporter sur des chevaux bâtés. En fin de compte, la décision est prise de faire venir un 4X4 d’Oulan Bator (6 heures de routes et pistes), cela nous rassure, ça va nous donner du temps pour essayer de mettre les chevaux à l’attelage.

Jean-Pierre et Alain demande au guide les 4 chevaux les plus calmes possibles. On nous en présente 4 à peu près tous de la même taille, de la même robe et pas trop grands, environ 1m 30. On en prend 2 au hasard, on leur met les harnais de timons et au moment de mettre les brides, grande discussion entre les propriétaires des chevaux et Alain et moi. En fin de compte, décision est prise de mettre nos brides. Pas facile, car leur filet est simplement un bout de fil de fer assez gros qui passe dans la bouche raccordé avec des sangles de cuir et des noeuds. Une demi heure d’adaptation aux chevaux pour s’habituer à machouiller le mors et supporter les oeillères.


Puis les éleveurs les tiennent en extérieur avec leur grande longe en cuir, on les met par 2 en longues guides d’attelage, Alain se met derrière, prend un fouet et part faire un tour avec les éleveurs. Le guide traducteur qui parle français couramment n’étant pas loin, traduit les ordres d’Alain. Le principal ordre était de ne pas tirer dessus et de les laisser avancer. Un peu de droite, un peu de gauche, essayer de les faire arrêter et démarrer. Une demi heure après, on décide que c’était suffisant, on fait la même chose à l’autre paire. Tout le monde nous conseille de n’en mettre que 2 à la voiture d’attelage, les Mongols étaient autant stressés que nous, car bien entendu, les chevaux n’avaient jamais vu ni oeillères, ni harnais, ni voiture d’attelage. Jean-Pierre et Alain décide d’essayer d’atteler directement à 4. Toutes les précautions sont prises pour mettre les chevaux à la voiture dans tout le respect de l’art de l’attelage bien aidés par les Mongols et le guide traducteur qui ont absolument fait tout ce qu’on leur a dit. Alain se met aux guides, Robert monte derrière avec le guide, un Mongol à la tête de chaque cheval avec une grande corde en cuir ayant ordre de ne jamais tirer, sauf si Alain le demande. Jean-Pierre est autour pour surveiller et réagir si besoin est.

C’est parti, ça démarre même au pas, bien sûr avec des secousses, quelques uns se défendent, mais ça marche. Une demi heure dans la steppe en essayant de s’arrêter, de redémarrer et d’essayer d’aller un peu à droite, à gauche. Bien entendu, ces chevaux sont dressés en reines d’appui.

3 heures et demi après nous avoir confié ces chevaux, ils marchent gentillement reines longues sur le plat. Maintenant, il va falloir les apprendre à tirer, mais on a le temps tout le reste d’après-midi.

Le plus gros problème, c’est que le 4X4 qui doit faire l’intendance n’est toujours pas arrivé. 13H, nous décidons de manger avant de partir et dételons tout le monde dans la plus grande sécurité. Le véhicule arrive vers 14H30, nous le chargeons et allons mettre le camion en sécurité pour la semaine dans une cour privée.

L’attelage et les cavaliers partent vers 15H30. Dès le départ, un très grand gué à traverser assez large avec beaucoup de courant, mais ça passe et on est très aidé par les propriétaires Mongols qui leur donnent des ordres à la voix et au fouet.


Au bout d’une heure, plus personne ne tient l’attelage qui est de plus en plus autonome.

Il y a un cheval qui n’a pas tiré de l’après midi, mais Alain décide de ne rien changer. Les trois autres se mettent doucement au travail, bien sûr quelques arrêts en côte et quelques descentes en serrant les fesses, mais nous réussissons à faire nos 27 KM en ayant mis l’attelage un peu au trot et un peu au galop. Les Mongols et nous mêmes étions très fiers de voir cette attelage dans la steppe au galop.

Une très bonne soirée sous tente au bord de l’Orkhon, rivière très sinueuse où les chevaux peuvent boire et nous, nous laver.

A demain.

 

Jean-Pierre