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Les Globe trotters de l’Attelage (p18)

 Parue le : lundi 22 juillet 2013


Vendredi 19, samedi 20 et dimanche 21 juillet

Vendredi nous reprenons la route à l’envers pour retourner vers Oulan Bator. Comme d’habitude une très mauvaise route, puis 17 km de piste exécrable, pour arriver au parc de Hustai, grand comme un département français, où sont installés trois troupeaux de chevaux de Przewalski. 
Cette espèce découverte en 1878 par le colonel russe du même nom est la dernière espèce de chevaux sauvages au monde, probablement les ancêtres du cheval domestique . Il ne s’agit pas de chevaux retournés à l’état sauvage mais d’une espèce a part entière sur le plan génétique dont l’ADN est doté de deux chromosomes supplémentaires. Elle avait complètement disparu a l’état sauvage dans les années 1960 et a été progressivement reconstituée en Mongolie grâce a un groupe de naturalistes passionnés. Au regard des défis logistiques et politiques rencontrés, cette réintroduction tient du miracle. Le parc que nous avons visité en abrite 300 (+ une centaine supplémentaire dans deux autres parcs de Mongolie) qui vivent uniquement a l’état sauvage. La souche provenant de trois étalons, les troupeaux font l’objet d’un suivi informatisé.


Il y a également des loups, des cerfs, des gazelles, des marmottes, des marals (wapitis asiatiques), des aigles et toutes sortes de fleurs. Nous arrivons assez tard et programmons une visite pour le lendemain matin de bonne heure. 
Le lendemain, samedi, une heure après notre départ, nous rencontrons notre premier petit troupeau de chevaux, puis en approchons un de très près en repartant. Nous avons eu la chance de faire de très belles photos.
A 9h30 nous étions revenus au camion, et nous avons eu la chance de pouvoir prendre une bonne douche et de nous relaxer pendant la fin de matinée dans un restaurant-hotel pour les touristes.
L’après-midi, retour a l’aéroport où nous allons rester deux jours. Ce n’est pas le plus marrant car entre les avions, les cars, les taxis et les voitures, il y a beaucoup de bruit...mais bref, on a pas le choix ! Marie prend l’avion le dimanche matin à 7h, Hélène et chipougnette le dimanche soir à minuit et Robert le lundi vers 18h. Jean-Pierre et Nadine, eux, repartent pour essayer de ramener le camion et le matériel en un mois.

Hélène et Jean-Pierre

PS : Ils essaieront de vous donner des nouvelles le plus souvent possible de leur retour.

Notre vécu sur le cheval mongol

On pourrait presque les comparer à des poneys de trait. Ce sont des chevaux qui ont une endurance exceptionnelle, si on les pousse ils avancent toujours sans jamais fatiguer, mais ralentissent dès qu’ils ne sont plus sous la contrainte.

Les Mongols en selle utilisent une grande longe qui sert aussi à les attacher, la font tourner un peu comme un lasso...et tapent la croupe avec dès que ca ralentit. Certains ont même des cravaches en bois et cuir qui tiennent presque du gourdin. Les chevaux sont habitués à réagir au simple mouvement de la corde. Le mot pour avancer est "tchu". Pas de mot pour ralentir ni pour tourner, les Mongols vont de l’avant. Ce qui nous a très bien convenu pour notre attelage vite établi.
Les croisements qui ont tenté de ramener du sang, notamment pour améliorer la rapidité de la race, n’ont pas réussi car les autres races de chevaux ne résistent pas à l’hiver mongol...30% des troupeaux meurent chaque année, avec une température qui peut descendre jusqu’a -50, et rien d’autre a manger que l’herbe qu’il faut aller chercher sous, souvent, plus d’1m de neige.

Les steppes sont semées de carcasses, de bêtes soit mortes naturellement, soit abattues sur place pour la viande. Les Mongols mangent aussi bien les chevaux que le reste du bétail, et bien que le cheval soit un animal sacré, base de leur culture, ils n’ont aucun lien affectif avec lui (jamais de caresse ou de récompense...on s’est moqué de nous lorsque nous l’avons fait ! Et les chevaux n’ont pas de nom). Ils sont d’ailleurs plutôt craintifs de l’homme : on peut les faire débouler au galop dans un troupeau de chèvres paniquées sans qu’ils fassent le moindre écart, mais ils deviennent nerveux en croisant une moto ou une voiture. A l’arrivée, ils ont d’ailleurs arraché toute la barrière du camp de yourtes lorsque nous avons voulu leur essayer des flots.
Les poulains sont dressés à la dure, on leur met une longe autour du cou dès leur naissance, et ils passent toute la journée attachés ensemble sur une grande corde fixée au sol, avec plusieurs points d’attache espacés chacun d’un mètre environ, et à peu près la même longueur de longe. Au soir, les éleveurs vont chercher les juments et les approchent des poulains pour la traite. Tout le monde passe par dessus, s’emmêle, les poulains tombent...ça nous semble une panique incroyable, mais les chevaux se calment vite. Aprés la traite seulement, on les détache, et tout le monde part en liberté pour la nuit. Le lendemain matin, deux éleveurs à cheval vont chercher le troupeau : l’un serre le groupe au dessus de la corde et l’autre se faufile a l’intérieur et attache les poulains un par un. Les juments repartent pour la journée en liberté.

Ces petits chevaux ont une résistance incroyable, ils ne sont pas ferrés malgré les terrains parfois très rocailleux (30 à 40% de ceux que nous avons traversés) , même s’ils cherchent quand même à marcher sur l’herbe. Nous avons été très surpris d’apprendre qu’ils avaient parcouru 120km en une journée pour nous rejoindre avant d’être attelés le lendemain pour un périple de 400km. Aussitôt arrivés après 70km dans la journée, ils sont repartis dans l’autre sens, directement...

Hélène et Jean-Pierre